Majestés du Tibet
Voyage à travers le plateau tibétain. Entre lacs célestes, sommets enneigés et temples millénaires, une odyssée sur le toit du monde. Un parcours qui traverse espace et temps, mais aussi corps et âme.
« Il n’existe rien de constant si ce n’est le changement. »
Dans les zigzags du bus, les montagnes défilent. Elles sont d'un marron clair et légèrement rayées par les minéraux. De temps en temps, des sommets enneigés viennent pointer au loin de l'horizon.
Ici, le temps avance différemment. Les longs pâturages qui tapissent le salon de l'Himalaya semblent s'étirer sur un jour sans nuit. Les yacks surveillent leurs petits qui déploient leurs pattes pour la première fois et, par moment, on ne retrouve aucun animal sauf un âne solitaire qui suit son pas de la tête. Dans l'hippodrome himalayen, les chevaux se regroupent autour des lacs sur une nappe qui partage la terre avec le ciel. Les nuages viennent danser leur ballet d'ombres et l'herbe semble avoir été volée au soleil.
Les monastères sont sombres et une odeur de bois humide se mélange à l'encens qui brûle éternellement. Des bougies éclairent ces géants Bouddhas et des fresques colorées viennent nous inviter à nous perdre dans chaque corridor. Si certaines pièces sont silencieuses, d'autres résonnent de tambours et de prières tibétaines. Les livres centenaires emballés dans des tissus orange et empilés en rangées derrière des vitrines murmurent les mantras de la sagesse. Ces symboles, ces couleurs, ces dessins et mandalas remplissent chaque endroit et ne laissent espace pour aucune erreur.
Les moines, simples et paisibles dans leurs longues coules rouges, marchent la paume vers le haut et souhaitent fortune à quiconque croise leurs regards.
Les Tibétains disent qu'on ne peut pas tout vivre en une vie. Je crois être parvenue à rencontrer le présent.
Qomolangma “Déesse Mère du Monde”, kora Kailash et lac Manasarovar : un voyage de 15 jours au Tibet
Après un mois de démarches, de visa et de permis, 18 heures de vols et deux jours de train, je me retrouve enfin dans cette aventure qui ne semble appartenir qu’au monde littéraire. Avec mon sac à dos et accompagné de mon guide tibétain, je suis enfin prête à entamer une quête qui traversera la région autonome d’est en ouest. Un rendez-vous avez la plus haute montagne du monde suivie de la plus sacrée, au bord du lac qui baigna la naissance de Bouddha, passant près de la frontière népalaise et allant jusqu’à la plus profonde vallée tibétaine.
Trashi Delek.