Première vue sur l’Afghanistan

Alors que notre chauffeur défait des coquilles d'arachide d'une main et conduit de l'autre, nous longeons l'Afghanistan et sa mince rivière qui nous sépare. Nous sommes si proches que nous pouvons voir ses habitants à une dizaine de mètres.

 

Rejoindre l’autoroute Pamir, M41

En traversant les champs de coton, l'air a une odeur de fumier qui brûle. Dans les campagnes de l’Asie centrale, il est souvent utilisé pour réchauffer les maisons. Son odeur d’herbes n’a rien de déplaisant, et se mélange chaleureusement à celle d’une épice qui y flotte déjà (du cumin, peut-être ?). Elle me rappelle une fleur musquée ou le bois qui sèche. En chemin, des montagnes aux teintes de beiges ont un banc de peupliers chartreux. Les vallées asséchées qui creusent entre elles laissent sortir quelques arbustes et courtes herbes jaunes.

Les scènes qui défilent par la fenêtre m’avaient manqué. Des bergers sur la route avec leur troupeau. Une vieille Lada sur le côté, et son conducteur qui pompe manuellement le pneu crevé. Et ces arbres, qui rasent le sol laissant tomber une ombre douce et chaude à la lumière du matin.

Nous sommes onze dans cette Jeep qui nous transporte à toute vitesse vers le tunnel qui passe sous la montagne. Nous avons intérêt à y être avant 8h00, car des travaux bloqueront son entrée pour la moitié de la journée. Les sacs sont sur le toit, choses courantes pour la traversée des Pamir. Assise à l'avant, je partage mon siège avec une Tadjike qui retourne chez elle pour la première fois en quatre ans. Dans l’ancienne Soviétie, partir travailler à Moscou est commun pour subvenir à sa famille.

La route prendra 12 heures si l'on ne s'arrête pas.
Dushanbe - Khorog : 600 kilomètres.

 

Au Tadjikistan, on appelle Afghanka cette poussière qui rend l’air opaque. C’est ce que le vent transporte du Sud dans les vallées.

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Traversée de l’Ouzbékistan